Outsider Art Magazine


lundi 30 mars 2015

Nancy Van Reeth présentera ses "Ladies" à l'encre de Chine au Biz’Art Festival (Belgique)

Nancy Van Reeth  art singulier outsider gricha rosov
Ses œuvres sont, la plupart du temps, rattachées à l’art singulier (ou art outsider), qui désigne des créations nées en dehors des courants habituels. «C’est vrai que j’expose la plupart du temps avec ce type d’artistes qui ne se situent pas dans la norme, qui n’ont pas eu de parcours artistique, mais se sont mis à la peinture après un accident de la vie (deuil, maladie…) par exemple ou simplement par envie, explique Nancy Van Reeth. Une forme d’art qui se veut plus une expression de la spontanéité. On se trouve devant une toile, on a peut-être un coup de cœur, on aime ou on n’aime pas, mais il n’y a pas besoin d’explications…»
 
Féminin singulier
 
Cette Frasnoise originaire de Péronnes a pourtant suivi une formation en graphisme et publicité à l’académie des Beaux-Arts de Tournai: « On apprend à travailler proprement, à faire un beau lettrage, une belle compo… mais j’essaie d’oublier la technique pour faire des choses plus libres, plus spontanées. Ce bagage est néanmoins important dans la mesure où, une fois qu’il est acquis et à force de dessiner, la main se libère plus facilement.» Sans doute aurait-elle préféré la peinture, mais du côté des parents, ces études avaient moins bonne presse, étaient censées mener moins facilement à un métier. À la maison, le papa et le grand-père aimaient bricoler, sculpter le bois…: «Il n’y a qu’un an et demi de différence entre ma sœur Peggy et moi. On dessinait tout le temps, sur la table de la salle à manger couverte de nos blocs et de nos marqueurs.
 
Aujourd’hui encore, je ne peux pas me passer de dessiner ou tracer un croquis… j’en ai besoin.» Nancy, qui a appris la gravure en cours du soir, a expérimenté plusieurs techniques, matériaux (papier, grand tissu…) pour s’arrêter, depuis plusieurs mois, sur l’encre de Chine à la plume: « J’adore ça. C’est un très chouette support à travailler. L’encre réagit bien avec la toile et je peux faire mes fins traits caractéristiques, puis éventuellement peindre avec les doigts un mélange d’eau et d’acrylique. J’ajoute parfois des éléments de récupération. La mise en couleur n’est pas systématique, mais au contraire, reste assez rare. C’est plus souvent noir et blanc, et gris. »
 
Unique et ubique
 
Si l’artiste apparaît si proche de l’art singulier, c’est sûrement par le côté obsessionnel de son travail, ce personnage récurrent qu’on retrouve presque sur chacune de ses centaines d’œuvres: «Ma madame est toujours la même. C’est une femme toute belle, toute légère, avec ses cheveux qui volent. Elle a toujours les yeux fermés. Le fond noir semble l’étouffer. Elle est tellement blanche qu’elle essaie d’irradier…» Pour certains, le terme singulier figure nécessairement un artiste dessinant instinctivement, de manière brute: «On peut aussi faire des choses élégantes. Je suis singulière, je pense, dans ma manière de faire différentes des autres. L’encre de Chine, on n’est pas tellement nombreux à l’utiliser… » Le travail de celle qui procède beaucoup par séries, évolue constamment: « Peut-être que demain j’en aurai marre et que je passerai à autre chose.» En attendant, ses «madames» pérégrinent dans de nombreux festivals, où Nancy apprécie les rencontres et les retrouvailles avec les autres artistes.
Pour «Peurs et Cauchemars», montée avec le collectif Tu veux mes chicons?, elle a dû adapter son modèle féminin ce thème précis: « J’aime ce genre de contraintes. Je ne savais pas ce que j’allais proposer, j’ai repensé aux contes de fée de mon enfance et à certains passages qui me faisaient peur, et c’est cela que j’ai voulu illustrer.»
 

Source: http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150329_00625115


Designed ByBlogger Templates