Outsider Art Magazine


mardi 25 novembre 2014

Art Outsider --- Le Duo NicoToM en expo à Paris . vernissage le 2 decembre

Le vernissage aura lieu le mardi 2 décembre 1 19:00 

Au petit dijon, 3, rue Joseph Dijon

75018 Paris

Pour mieux connaitre les deux artistes, découvrez l'interview qu'ils ont consacre au Petit Dijon pour l'occasion !

INTERVIEW /// 2X2=4 (Tom Lestienne et Nicolaï Pinheiro)

En décembre, Le Petit Joseph accueille Tom Lestienne et Nicolaï Pinheiro pour une oeuvre à quatre mains. Et pour vous faire découvrir ces deux artistes, on avait envie de leur poser des questions “AB” ou “BD”, où il est question d’art brut et de bande dessinée.

1. THOMAS / On dit que l’art brut vient des recherches du Docteur Hans Prinzhorn dans les années 20 sur l’art des “fous”. Qu’en penses-tu ? Tom Lestienne est fou ou 1/2 fou ?

C’est le premier à avoir utilisé ce terme. On assaisonne souvent le concept d’art brut à toutes les sauces… Personnellement, je suis attentif à la définition faite par un Dubuffet. Actuellement, l’art dit “Brut” fait le gras vernis des galeristes ayant flairé la montée en flèche des arts hors normes. Il s’en suit une confusion générale entre les arts dit “bruts”, “singuliers”, “naïfs”, “outsiders”, etc… Personnellement, on m’a assimilé à l’art brut au départ, puis à la figuration libre, au primitivisme et j’en passe. Maintenant, on me dit du courant “street-art”. Tout ceci est une vaste blague, mais apparemment on aime bien mettre des étiquettes. Ainsi soit-il. Fou ou 1/2 fou? Certains ne deviennent jamais fous… Leurs vies doivent être bien ennuyeuses.

1. NICOLAÏ / En 2007, tu as publié la bande dessinée “Les vendanges rouges”. C’est une page de l’histoire populaire du Midi ; une crise sociale et économique dans le milieu de la viticulture. Tu as vécu jusqu’à tes 18 ans au Brésil. Quelle page de l’histoire brésilienne choisirais-tu de raconter en BD ?

Pourquoi pas dessiner le Brésil avant le Brésil ? Une histoire d’indiens, ça pourrait être pas mal. Et sur la dernière case, on verrait l’arrivée des caravelles portugaises. L’histoire qui s’arrête au moment où l’Histoire commence.

2. THOMAS et NICOLAÏ / Vous avez tous les deux étudié les arts plastiques à l’Université de Montpellier. Pourtant, on vous sent assez indemnes de culture artistique, voulant privilégier la spontanéité au “clinquant”. Qu’en pensez-vous ?

Justement, la culture artistique ça sert aussi à savoir quel type d’art on ne veut pas faire. Pour ma part, je n’ai pas appris à faire de la bande dessinée à l’université, d’ailleurs là-bas ils n’aimaient pas trop ça, la BD. Mais je ne crache pas dans la soupe, je garde quelques bons souvenirs de la fac. En particulier de la pelouse devant les amphis.

On devait être de mauvais élèves…(rires). Je pense qu’on a bien digéré la théorie, tellement bien que personnellement je ne veux plus en entendre parler. Dans le cadre Nicotom, on est dans le freestyle, ça se rapproche plus d’un aspect performatif, sans vraiment de règles, ça swingue et ça rock, et c’est ça qui est bon.

3. THOMAS / En 2013, le public parisien découvrait “The Museum of Everything”, seul musée ambulant au monde dédié aux artistes “sans intention, sans formation ou sans célébration artistique”. Qu’en as-tu pensé ?

C’est le genre d’initiative que j’apprécie particulièrement, c’est le bon chemin pour retrouver un vrai public populaire, plus en phase avec la société contemporaine. C’est un bon exemple de “déterritorialisation
de l’espace muséal, ça ouvre d’autres portes, d’autres possibilités de scénographies. Cela remet en question la question du statut de l’artiste. Moi, je vote pour.

4. THOMAS / Si on te proposais une exposition soit à la Halle Saint-Pierre, soit au Museum of Everything, soit à la FIAC (Foire internationale d’art contemporain), que choisirais-tu ? Et pourquoi ?

Les trois. Il y a des personnes qui ont eu le syndrome de Stendhal à Florence, moi c’était à la Halle Saint Pierre après l’exposition “Chomo” (Roger Chomeaux) en 2009. Cet artiste était un VRAI artiste d’art brut. Donc, oui la Halle Saint Pierre. Le MOE forcément. Et la FIAC, oui aussi, mais juste pour l’aspect sociologique et la “thune”.

3. NICOLAÏ / Dans une interview réalisée le 15 mars 2008 par Aurélie Genolher pour le 6ème festival de BD “Des bulles dans la cartagène”, tu disais : “J’ai une méthode de travail assez particulière - assez irrégulière, peut être - qui rend difficile le travail à deux ou plus”. Pourquoi aujourd’hui, tu travailles à quatre mains ?

Voilà que mes déclarations du passé se retournent contre moi. Disons qu’avec Tom ce n’est pas pareil. Parce que c’est un pote, parce qu’on se marre bien quand on bosse ensemble, et parce qu’il nous arrive de faire des trucs pas mal quand on s’y met. De toute façon on se voit régulièrement, alors autant qu’il reste de ces rencontres quelque chose, autre que des souvenirs. Ça ne s’accroche pas au mur, un souvenir.

4. NICOLAÏ / Si tu devais choisir un binôme pour ta prochaine BD, quel dessinateur ou scénariste t’accompagnerait ?

J’aime écrire mes propres histoires, mais je ne cracherais pas sur un scénario d’Hugo Pratt, Alan Moore ou Marc-Antoine Mathieu. Ecrire une histoire pour que quelqu’un d’autre l’illustre me plairait aussi, c’est une chose que je n’ai jamais faite. Ça pourrait être Tom, tiens, pourquoi pas.

5. THOMAS / Imaginons que tu doives dessiner Le Petit Joseph. Quelles seraient les formes et les couleurs principales ?

Je ferai un truc très pop, formes obliques et couleurs acides, fluo, dans une composition à la Lichtenstein.

5. NICOLAÏ / Imaginons que Le Petit Joseph est une BD. C’est quoi le titre ?

Ce serait un polar où quelqu’un se fait assassiner dans le bar avec le couteau à charcuterie ou le shaker à mojitos. Je l’appellerais « Du zinc et du sang ». Ça ferait pas une belle promo pour le Petit Joseph, ça ?

Merci beaucoup à vous deux d’avoir répondu aux questions du Petit Joseph. 



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