Outsider Art Magazine


samedi 11 octobre 2014

Vibrations, tripes et feu, une autre histoire de l'art. Musée du L.A.M à Villeneuve-d'Ascq (Nord)

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Un art charnel, humain, sans âge, un art d’étoile et de terre, d’écorce et de pierre… Limpidement structurée, l’exposition du LaM, qui unit les formes dites brutes et contemporaines, se révèle fondamentale voire fondatrice.
Sans le regard de l’autre, pas d’art brut. Ce regard a été médical puis esthétique. Des collectionneurs sensibles ont sauvé l’art des fous. Eux-mêmes collectionneurs, parfois. Pierres gravées, amulettes, masques, une expression sans âge, que l’on retrouve dans la 5e salle thématique, au bout d’un parcours très ordonné. «  On donne des pistes, on ouvre un dialogue entre les œuvres  », note Savine Faupin, commissaire.
Dès que l’art s’évade dans la rue, les formes brutes et les autres correspondent en grande cohérence. Les photographes Brassaï et Clovis Prévost captent les écorchures rupestres de l’industrie, Jean Dubuffet pétrit une Vénus du trottoir dans la pâte blême de sa toile…
Une quête de «  l’art d’avant  », d’une expression primordiale, est à l’œuvre. Elle s’irrigue de la fraîcheur de l’enfance, tête de Miró qui se déglingue en sphères cosmiques, masques de Picasso, dessins de petits Camerounais au bestiaire survitaminé, totem androgyne de Chaissac, visage halluciné de Klee tranché par le couchant…
Mais, le plus souvent, l’artiste cherche à capter l’énergie fondamentale. Les spirites Augustin Lesage et Madge Gill font tournoyer les constellations et les spirales végétales. La calligraphie de Mathieu inspire les Japonais, qui crachent le carmin à pleine lave ou posent un soleil vert dans un entrelacs géométrique. Mary Barnes traite sa schizophrénie en créant, de la danse de l’araignée au pétrissage d’excréments. Tzara incendie ses mondes rupestres, Soutter nous lance dans la plus profonde nuit. Et Michaux fait affleurer des faces hagardes.
Apothéose. Même si l’ultime salle regorge de richesses. Des liens se tissent entre les âges. Des questions naissent, au seul regard : qui est l’autre ? Où est la norme ? Quelle est la bonne perception du réel ? Interrogations limpides, au contraire du titre de l’expo, son seul défaut.
Jusqu’au 11 janvier. www.musee-lam.fr
source: http://www.nordeclair.fr/loisirs/vibrations-tripes-et-feu-une-autre-histoire-de-l-art-a-jna0b0n495548


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