Outsider Art Magazine


mardi 14 janvier 2014

PETITION : la célèbre "Maison aux avions" de Steenverck (Nord) risque de disparaître

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Souvenons-nous de notre première rencontre avec cette maison alors que, enfant, nous partions vers la mer en empruntant l'autoroute !

Elle fait incontestablement partie de notre patrimoine régional (qui ne l'a pas aperçu en empruntant l'autoroute pour se rendre à la mer ?) et menace de disparaitre rapidement. 

Chef d'œuvre de l'Art Brut, la célèbre "Maison aux Avions" de Steenwerck (Nord) menace de disparaître depuis que son propriétaire est parti en maison de retraite. Demandons aux pouvoirs publics d'agir pour la sauvegarder et la valoriser !

      

Musées et collectivités sont en pleine réflexion pour sauver ce témoignage unique d’art brut. MOBILISONS-NOUS !




En roulant sur l’autoroute, on la remarque moins. Comme si les couleurs de la ferme aux avions avaient passé avec le temps, se fondant peu à peu dans le paysage flamand.

De près, le spectacle attriste tous ceux qui ont connu la ferme Vanabelle rutilante. Les mauvaises herbes grignotent murs en briques et personnages et des modules se sont affaissés dans le fossé herbeux. De l’œuvre d’art originelle qui bruissait de toute part, invitant à entrer dans un univers fantastique, ne reste qu’un petit avion qui grince faiblement.

Tout au bout de l’allée boueuse, à la ferme aux Orgues, Patrick Desnoulez soupire : « Avant, c’était une figure. Si on s’est appelé la ferme aux Orgues, c’est parce qu’il y avait la ferme aux avions. Aujourd’hui, ça rouille, c’est envahi de mauvaises herbes… »

Même à l’office de tourisme, on reconnaît qu’on demande moins d’informations sur ce lieu à part, créé peu à peu après la Seconde Guerre mondiale par Arthur Vanabelle. L’agriculteur, qui a vécu des années dans cette ferme avec son frère, avait commencé à récupérer de la ferraille après le conflit puis lors de la construction de l’autoroute. Pour ce qui a toujours été, selon lui, un « loisir » : « Quand on est cultivateur, on a le temps », nous avait-il dit, un jour.
Impossible de tout conserver ?


Aujourd’hui, le lieu est vide, pourtant personne ne veut l’abandonner à la pluie, au vent et à l’oubli. D’autant qu’aux yeux des spécialistes, il est emblématique de l’art brut (ces productions réalisées par des personnes exemptes de culture). Au musée d’art contemporain de Villeneuve-d’Ascq (LAM), très attaché au lieu (il possède une maquette et des photos depuis 2010), une réunion est prévue à la fin du mois avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et le service de l’inventaire du conseil régional.

maison aux avions en peril a steenverck petition gricha rosovMais rien n’est simple. « L’idéal serait la préservation in situ. Mais financièrement, techniquement, c’est très complexe », indique Savine Faupin, conservatrice en charge de l’art brut au LAM. Un classement ? « Il serait très contraignant pour de nouveaux propriétaires », selon la spécialiste, qui poursuit : « L’art brut, c’est compliqué car ce sont souvent du métal, de la tôle, de la peinture. Quand l’auteur est sur le site, il l’entretient à sa façon mais en fait c’est fragile (…). Les auteurs ne sont pas dans une démarche volontaire d’artistes mais ils font œuvre d’art. La ferme Vanabelle, c’est l’univers de toute une vie. »

En revanche, il serait peut-être possible de conserver des éléments. C’est la piste imaginée par le maire de la commune, Joël Devos – qui tient à conserver une trace – mais aussi par le musée de la Vie rurale de Steenwerck. Le projet sera soumis lors de l’assemblée générale du musée, début février. « L’idée serait d’installer un parcours avec une pièce de chaque type (un canon, un avion, etc.) dans la pâture et des soldats sur le mur de la grange. Ce serait une sauvegarde minimale de la collection », indique Jean-Pierre Renaux, président.

Incongru au sein de l’exposition sur la vie rurale ? Au contraire, estime Jean-Pierre Renaux : « Cette maison appartient au patrimoine de Steenwerck. Et ces deux hommes étaient agriculteurs. C’est l’art brut rural. Le musée a une belle carte à jouer. »

En attendant, le vent continue de souffler sur la ferme, émiettant l’œuvre. La dernière fois que nous avions rencontré Arthur Vanabelle, il y a deux ans, il avait 90 ans. Nous lui avions demandé, déjà, s’il s’interrogeait sur l’avenir de sa maison. Il avait répondu avec ses grands yeux bleus rieurs et sa malice habituelle : « Je ne sais pas, je ne serai plus là. » 

Savine Faupin, conservatrice art brut au LAM: 

« Nous, ici, on est très attachés à cette maison. La maquette nous permet de savoir exactement comment elle a été. Il en existe d’autres de ce type dans la région, notamment dans le bassin minier. Il y a toujours ce côté aménagement entre la rue et la maison. Pour les Vanabelle, c’est une dimension très développée. L’univers d’Arthur Vanabelle relève vraiment de l’art brut. Les auteurs sont souvent très modestes. Ils ne se disent pas artistes, ne sont pas dans cet objectif-là. C’est souvent lié au lieu où ils vivent : ils n’iraient pas faire les mêmes choses ailleurs. C’est lié à un contexte. »

POUR SIGNER LA PETITION:

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/sauvez-la-maison-aux-avions-de-steenverck-patrimoine-culturel-r%C3%A9gional-et-chef-d-oeuvre-de-l-art-brut

source: lavoixdunord.fr


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